Préparation à l'accouchement : comment l’acupuncture peut soutenir un accouchement plus doux et physiologique
- Mayali Palma

- il y a 11 heures
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Dernière mise à jour : il y a 6 heures
Au fil de ma pratique en acupuncture périnatale, et plus récemment à travers une formation spécifique en préparation à l’accouchement, j’ai approfondi les nombreuses façons dont l’acupuncture peut accompagner les femmes vers une expérience d’accouchement plus fluide, plus consciente et plus respectueuse du rythme du corps.
Loin de « forcer » le travail, l’acupuncture agit comme un soutien global : elle aide le corps à se préparer, à relâcher les tensions inutiles et à mobiliser ses propres capacités physiologiques.
Une préparation en amont : préparer le terrain
Les séances de préparation à l’accouchement peuvent commencer dès le début du 3ᵉ trimestre, et sont toujours adaptées au rythme de la grossesse.
Les objectifs principaux sont :
favoriser la maturation du col de l’utérus
soutenir l’équilibre hormonal
aider le bébé à descendre et à s’engager de façon optimale
apaiser le système nerveux et diminuer le stress
soutenir l’énergie globale de la future mère
On parle ici de créer les conditions idéales pour que le travail puisse débuter spontanément, lorsque le corps est prêt et faciliter le passage de bébé.
Par exemple, le travail sur les ligaments sacro-tubéreux et sacro-épineux — qui relient le sacrum au bassin — permet d’optimiser la mobilité du sacrum, un élément clé lors du passage du bébé.

Ce que la recherche nous montre
Plusieurs études scientifiques et revues systématiques* se sont penchées sur l’effet de l’acupuncture autour de l’accouchement. Bien que les protocoles varient, certaines tendances se dégagent clairement.
Selon différentes études, l’acupuncture en fin de grossesse et pendant le travail est associée à :
une phase active du travail plus courte, pouvant aller de 1,5 h jusqu’à 6 h de moins selon le nombre de traitements
une maturation cervicale plus rapide, avec un score de Bishop plus élevé
une diminution du recours à l’ocytocine synthétique
environ 22 % moins de recours à la péridurale
une diminution significative de la perception de la douleur, surtout entre 0 et 7 cm de dilatation
17 % plus de chances d’avoir un accouchement vaginal spontané
jusqu’à 30 % moins de césariennes
une réduction du stress et de l’anxiété
moins de douleur en post-partum
Certaines études suggèrent également que :
environ 68 % des femmes présentent des contractions après un traitement d’acupuncture classique
ce chiffre peut atteindre 90 % lorsqu’on utilise l’électro-acupuncture
👉 Ces données ne garantissent jamais un scénario précis, mais elles illustrent le potentiel de soutien réel de l’acupuncture lorsqu’elle est bien intégrée au suivi global.
*Les sources sont au bas de la page.
Acupuncture et déclenchement du travail : une nuance importante
Il est essentiel de faire la distinction entre préparer le corps et déclencher artificiellement le travail.
Certaines études récentes suggèrent que l’acupuncture, administrée dans les jours précédant un déclenchement médical planifié, peut :
réduire le taux de déclenchement
augmenter les admissions pour travail spontané ou rupture spontanée des membranes
permettre un début de travail plus précoce et plus physiologique
Dans cette optique, l’acupuncture n’est pas une méthode coercitive, mais plutôt un outil d’accompagnement qui respecte le timing du corps.

Pendant le travail : un soutien actif
Certains acupuncteurs offrent aussi des traitement pendant le travail, lorsque le contexte le permet.
Ces traitements peuvent aider à :
mieux gérer l’intensité des contractions
favoriser une progression plus harmonieuse
soutenir l’énergie lorsque le travail est long
aider à relâcher certaines zones clés (bassin, dos, diaphragme)
Une approche globale et individualisée
Chaque grossesse et chaque accouchement sont uniques. L’acupuncture ne remplace jamais un suivi médical ou sage-femme, mais elle s’intègre comme une approche complémentaire, douce et respectueuse.
Dans ma pratique, les traitements sont toujours adaptés :
à l’histoire de la femme
à son état physique et émotionnel
à ses intentions pour l’accouchement
au contexte médical présent
Combien de traitements sont recommandés ?
La recherche et l’expérience clinique montrent que l’effet de l’acupuncture en préparation à l’accouchement est cumulatif.
Minimum recommandé : 4 traitements
Une séance peut déjà être bénéfique, mais les études montrent peu ou pas de différence significative avec 1 à 2 traitements seulement.
À partir d’environ 4 séances, les effets deviennent plus perceptibles lors de l’accouchement (durée du travail, gestion de la douleur, progression).
Idéalement : 8 à 10 traitements (ou plus)
L’objectif est d’agir en profondeur sur le terrain : équilibre énergétique (MTC), système nerveux, tensions musculosquelettiques et préparation du col.
Certains déséquilibres chroniques demandent du temps ; ils ne peuvent être « corrigés » en quelques séances seulement.
En contexte d’urgence (ex. induction médicale imminente)
Il est possible de faire deux traitements dans une même journée.
À retenir : même un seul traitement est toujours mieux que zéro. Au-delà des effets physiologiques, l’écoute, la détente et l’éducation reçues pendant les séances ont aussi un impact réel sur l’expérience de l’accouchement.

Fréquence des traitements selon le stade de la grossesse
Lorsqu’il n’y a pas de date d’induction médicale prévue, la fréquence des traitements peut évoluer ainsi :
De la semaine 1 à 27
Fréquence : environ 1 traitement par mois (ou plus au besoin)
Objectifs :
soutenir l’équilibre énergétique global
aider le corps à s’adapter à la grossesse
traiter les symptômes associés (fatigue, digestion, douleurs, stress)
De la semaine 27 à 37
Fréquence : 1 traitement aux 3 semaines
Objectifs :
poursuivre le soutien global
relâcher les tensions musculosquelettiques
favoriser la production d’endorphines
diminuer le stress
amorcer l’éducation autour de l’accouchement
De la semaine 37 à 39
Fréquence : 1 à 2 traitements par semaine
Objectifs :
poursuite des objectifs précédents
ramollir et préparer le col de l’utérus
approfondir l’éducation et les outils pour le travail
De la semaine 39 jusqu’à la naissance
Fréquence : 2 traitements par semaine
Objectifs :
soutenir la stimulation naturelle des contractions
favoriser la descente et l’engagement du bébé
renforcer la préparation physique et nerveuse
En cas d’induction médicale planifiée
Fréquence : jusqu’à 4 traitements dans les jours précédant l’induction, à intervalles rapprochés (environ aux 7 à 12 heures)
Objectifs :
accélérer la maturation du col
stimuler plus intensément les contractions
favoriser un début de travail plus physiologique
Comment j’explique cette approche aux femmes que j’accompagne
Lorsque quelqu’un consulte en préparation à l’accouchement, j’explique souvent l’acupuncture ainsi :
« Mon rôle n’est pas de forcer ton corps, mais de l’aider à faire le meilleur travail possible. L’acupuncture aide ton système nerveux à produire plus d’endorphines (nos antidouleurs naturels), à relâcher les tensions inutiles autour du bassin et à préparer le col de l’utérus à s’ouvrir plus facilement. »
Je fais aussi une analogie simple :
« C’est comme si ton accouchement était un fruit sur un arbre. Je peux arroser l’arbre, enrichir la terre, lui donner du soleil et enlever les obstacles… mais je ne peux pas cueillir le fruit à sa place. Mon travail est de créer les meilleures conditions possibles pour que le fruit mûrisse naturellement. »

Concrètement, au fil des séances, je peux :
diminuer la perception de la douleur en amont
améliorer la mobilité du bassin et relâcher certains ligaments clés (comme les ligaments sacro-tubéraux)
aider le col à devenir plus souple et réceptif au travail
soutenir l’énergie et la confiance
Et si une induction médicale devient nécessaire, cette préparation peut parfois permettre :
d’éviter certaines étapes de l’induction
ou de favoriser un travail plus efficace une fois amorcé
Chaque plan de traitement est ensuite ajusté ensemble, selon le rythme du corps et les besoins de la personne.
Se préparer à l’accouchement, c’est bien plus que préparer un jour précis : c’est soutenir le corps, le système nerveux et la confiance tout au long des dernières semaines.
L’acupuncture offre un espace pour ralentir, écouter et accompagner ce passage important, avec douceur et présence.
Si vous êtes enceinte et curieuse de savoir comment l’acupuncture pourrait vous soutenir dans votre préparation à l’accouchement, je serai heureuse d’en discuter avec vous.
Bibliographie
Les études citées soutiennent l’utilisation de l’acupuncture comme approche complémentaire en périnatalité. Les soins offerts ne remplacent pas le suivi médical ou sage-femme.




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