Phase de transition de l’accouchement : pourquoi c’est le moment le plus intense (et ce qui se passe dans le corps)
- Mayali Palma

- 16 févr.
- 3 min de lecture
Vers la fin du travail, plusieurs femmes vivent un moment plus intense qu’on appelle souvent la phase de transition. C’est une période où les contractions deviennent très rapprochées et puissantes, mais aussi où l’on peut se sentir plus vulnérable : agitation, tremblements, doute, envie d’abandonner, impression que « ça devient trop ».
Beaucoup décrivent cette phase comme la plus difficile émotionnellement. Et pourtant, elle correspond souvent à un moment très précis : le corps se prépare à faire naître le bébé.
Un changement hormonal important
Pendant une grande partie du travail, le corps fonctionne surtout avec :
l’ocytocine, qui stimule les contractions
les endorphines, qui aident à gérer la douleur et favorisent l’intériorisation
Mais en fin de dilatation, il se produit un changement hormonal normal : le corps commence à sécréter davantage d’adrénaline et de cortisol.
Ces hormones sont souvent associées au stress. On les sécrète habituellement quand notre cerveau croit qu’on est en danger et qu’il doit se préparer à agir rapidement.
Dans le contexte de la naissance, cette montée hormonale a une fonction très utile :elle donne un regain d’énergie, augmente la vigilance et aide le corps à se mobiliser pour la phase de poussée.
Autrement dit, ce n’est pas un « dérèglement » du travail. C’est une préparation physiologique à l’effort final.
Pourquoi cela peut créer de l’anxiété
Le défi, c’est que notre cerveau est habitué à associer l’adrénaline et le cortisol à une situation de danger. Donc, quand ces hormones augmentent en fin de travail, on peut ressentir :
de l’agitation
une impression de panique
des pensées comme « je ne suis plus capable »
l’impression que quelque chose ne va pas
un besoin soudain de tout arrêter
Si on ne sait pas que ce changement hormonal est normal, on peut facilement interpréter ces sensations comme un signe que l’on est en train de perdre le contrôle ou que la situation devient dangereuse.
C’est souvent à ce moment que certaines femmes, qui ne prévoyaient pas d’analgésie, peuvent demander une épidurale. Non pas parce qu’elles ne sont pas capables, mais parce que le cerveau perçoit l’intensité comme un signal d’alerte.
Le rôle de l’entourage : rappeler que tout va bien
Savoir que cette phase existe peut changer beaucoup de choses.
Quand les personnes qui accompagnent la naissance (partenaire, doula, sage-femme, infirmière) connaissent ce changement physiologique, elles peuvent :
rassurer
rappeler que ce moment est normal
dire que le bébé est proche
aider à respirer et à rester ancré
maintenir un environnement sécurisant
Entendre :« Ce que tu ressens est normal »« Ton corps se prépare à pousser »« Tu es en sécurité »peut aider le système nerveux à ne pas basculer dans la panique.
Le corps peut alors utiliser cette montée d’adrénaline comme un élan pour la naissance, plutôt que comme un signal de danger.
Une phase intense… qui annonce souvent la fin
Même si elle peut sembler longue sur le moment, la phase de transition est généralement courte. Et très souvent, quand elle survient, cela signifie que la naissance approche.
Comprendre ce qui se passe dans le corps permet de donner du sens à cette intensité :ce moment difficile est souvent celui où le corps rassemble son énergie pour accueillir le bébé.
Savoir que cette vague hormonale est normale peut aider à la traverser avec plus de confiance. Non pas parce qu’elle devient facile, mais parce qu’elle devient compréhensible.
Bibliographie
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